Big Brother and the Holding Company, - Cheap Thrills (1968)

 l’album Cheap Thrills de Big Brother and the Holding Company, sorti en 1968, l’album qui a propulsé Janis Joplin au rang de légende


Deuxième album du groupe, mais le premier enregistré avec une grande maison de disques (Columbia).
Capturé en plein cœur du mouvement hippie et de la scène psychédélique de San Francisco.
L’album est présenté comme un « live » (avec cris et ambiance de concert rajoutés), mais la plupart des morceaux ont été enregistrés en studio.

L’album est une explosion de blues-rock psychédélique, porté par l’énergie brute de Janis Joplin.
Sa voix rauque et viscérale domine totalement, transformant chaque chanson en performance quasi viscérale.
Les guitares fuzz et saturées de Sam Andrew et James Gurley donnent une texture sale, parfois chaotique, qui colle parfaitement au climat de l’époque.
Production volontairement brute : Cheap Thrills n’est pas raffiné, mais il est authentique, sauvage et viscéral.


1. Combination of the Two
Écrit et chanté par Sam Andrew, avec Joplin en soutien.
Ouverture sauvage et chaotique, qui donne le ton : guitares psychédéliques saturées, énergie brute.
Pas le morceau le plus mémorable, mais il installe immédiatement l’ambiance « live » et anarchique de l’album.
Critique : Intro efficace, mais un peu brouillonne ; le vrai choc vocal viendra avec Janis.

2. I Need a Man to Love
Coécrit par Joplin et Andrew.
Blues-rock électrique où Janis exprime une rage et une urgence crues.
La guitare rugit, mais c’est surtout la voix de Janis, tour à tour implorante et incendiaire, qui frappe.
Critique : Pas un single potentiel, mais une démonstration de puissance émotionnelle.

3. Summertime (George Gershwin / DuBose Heyward)
Reprise d’un standard de jazz, totalement réinventé.
Tempo lent, atmosphère hypnotique. La voix de Janis transperce, entre tendresse et douleur.
Les guitares créent une tension sombre qui contraste avec la douceur originale.
Critique : Une des interprétations les plus mémorables de ce classique, transformé en incantation brûlante.

4. Piece of My Heart
Reprise d’Erma Franklin, mais Joplin en fait SA chanson.
Explosion d’émotion brute : chaque note est arrachée comme une confession.
Les musiciens restent parfois en retrait, mais la voix transcende tout.
Critique : LE morceau iconique de l’album, hymne à l’amour déchirant.

5. Turtle Blues
Chanson écrite et chantée par Janis.
Atmosphère très différente : ici, seulement un piano et la voix, dépouillée et crue.
Janis adopte un registre blues pur, rappelant Bessie Smith et Big Mama Thornton.
Critique : Intime, fragile, un moment suspendu dans un album souvent chaotique.

6. Oh, Sweet Mary
Écrit par le groupe, avec Janis au chant principal.
C’est probablement le morceau le plus « jam » de l’album : riffs de guitare psychédéliques, rythmes un peu désordonnés.
La voix de Joplin porte le titre, mais le morceau manque d’un vrai hook mémorable.
Critique : Moins marquant, mais incarne l’esprit de la scène de San Francisco.

7. Ball and Chain (Big Mama Thornton)
Le clou du disque. Une reprise déchirante, enregistrée en live au Fillmore.
Janis entre en transe, criant chaque mot comme si sa vie en dépendait.
C’est l’essence même de Joplin : vulnérabilité, intensité, douleur et transcendance.
Critique : Grand moment de l’histoire du rock, performance légendaire.

Sorti en août 1968, l’album devient un immense succès commercial, atteignant la 1ʳᵉ place du Billboard 200.


C’est le disque qui fait de Janis Joplin une star mondiale.
La pochette dessinée par Robert Crumb (célèbre dessinateur underground) contribue à son aura culte.
Les critiques de l’époque étaient partagées : certains trouvaient le son trop brouillon, d’autres saluaient la puissance brute et la sincérité de la performance.




Aujourd’hui, Cheap Thrills est considéré comme un classique absolu du rock des années 60.

Il incarne l’esprit de Woodstock avant l’heure : liberté, chaos, intensité.
S’il est parfois critiqué pour ses faiblesses techniques (guitares approximatives, son saturé), c’est justement cette imperfection qui en fait un document unique.

C’est surtout l’album qui révèle Janis Joplin comme l’une des voix les plus inoubliables de l’histoire du rock.

 En résumé : Cheap Thrills est un disque brut, imparfait, mais incandescent. Plus qu’un album, c’est une expérience émotionnelle et une photographie de l’époque hippie et psychédélique.

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