Bloodshot Bill & The Hick-Ups - This Is It! - 2018 Sleazy Records

 

L’album This Is It! est sorti en 2018 sur le label Sleazy Records (catégorie SRLP 26) 


Il est souvent décrit par les revendeurs et labels comme du rockabilly brut et lo-fi, capté de manière très dépouillée, parfois juste avec un micro suspendu en guise de prise de son

 Un "fantastic trash punk garage rock and roll", promettant une énergie explosive ("They will kick your ass into tomorrow with this killer record!") 

Avec 16 titres répartis sur deux faces, l’album est à la fois généreux et condensé — environ 32 minutes au total L’écoute suggère un enregistrement viscéral, impulsé par un seul micro, créant une ambiance intime mais sauvage, fidèle à l’ADN de Bloodshot Bill en tant qu’homme-orchestre.

A1 – Slewfoot Sue
Ouverture déjantée. Rockabilly rapide, batterie minimaliste, guitare grésillante. Le chant est mi-grogné mi-chanté, un peu comme un Buddy Holly passé au blender lo-fi. Ça met tout de suite l’auditeur dans l’ambiance : primitive et festive.

A2 – Bootin'
Un morceau plus cadencé, shuffle énergique qui invite à taper du pied. Typique du style "trash-rockabilly" : court, sec, efficace, à peine le temps de respirer.

A3 – The Stranger
Ambiance plus menaçante. Guitare qui sonne crade, tempo ralenti. Bloodshot Bill joue avec la noirceur du rock’n’roll des années 50, presque un clin d’œil au psychobilly.

A4 – Only Girl
Chanson plus tendre (dans son langage rugueux). Une sorte de ballade rock’n’roll lo-fi, où l’on sent la nostalgie d’un slow des fifties mais trituré par son style garage.

A5 – Block Party
Retour à la fête ! Très dansant, avec un refrain qui pourrait tourner en boucle dans un club rockabilly crasseux. On imagine bien la sueur, la bière renversée, et les danseurs s’éclatant.

A6 – Release The Beast
Probablement le morceau le plus sauvage de la face A. Tout est dans le titre : Bill lâche sa voix caverneuse, riffs martelés, rythme presque punk. Une vraie tornade.

A7 – A Cheat
Petit détour vers un registre plus blues. Thème classique du rock’n’roll (la trahison, la jalousie), servi de manière brute, avec un chant larmoyant et des accords plaqués.

A8 – True Or False
Clôture de la face A dans un style sautillant. On reste dans l’esprit « danse de bar de campagne ». Le contraste avec le morceau précédent donne une respiration avant de retourner le vinyle.

B1 – Drive-By
D’entrée, un riff nerveux. C’est le pendant de "Release The Beast" sur la face B : rapide, violent, urgent.

B2 – Singing Water Baby Blues
Un vrai blues bancal et lo-fi, avec un côté "parodie sincère". La voix est poussée jusqu’à l’éraillé, guitare lancinante. On entend la passion de Bill pour les racines du blues.

B3 – Don't Know Myself
Titre introspectif (rare chez lui). Toujours garage, mais plus "dark", peut-être un écho à son univers psychobilly. Une touche d’auto-dérision dans le texte.

B4 – Scrambled
Rockabilly frénétique, tout part dans tous les sens (d’où le titre). Ça sent l’impro studio, enregistré d’un jet.

B5 – Moon Is Hiding
Un des morceaux les plus intéressants. Plus atmosphérique, presque hypnotique. Ça ralentit le rythme global de la face B, avec une ambiance nocturne.

B6 – My Poor Heart Flips
Retour au registre sentimental. Une chanson de cœur brisé mais livrée avec l’énergie d’un cri de garage. Moins brutal que "A Cheat", mais tout aussi touchant.

B7 – Change My Mind
Un rock’n’roll plus classique, très années 50, mais passé à la moulinette trash de Bloodshot Bill. C’est l’un des titres où on entend le plus son côté « traditionnel revisité ».

B8 – Come Inside
Final énergique. Court, sec, sans fioritures. Comme s’il claquait la porte du studio après avoir tout donné.



Points forts :

Authenticité sonore : l’esthétique lo-fi, crue et sans artifices, sert parfaitement l’univers « trash-punk-rockabilly » de l’artiste.

Énergie omniprésente sur chaque piste — des morceaux comme "Release The Beast" et "Block Party" promettent un groove percutant, tandis que d’autres ("Singing Water Baby Blues", "My Poor Heart Flips") offrent sans doute un contraste plus bluesy ou émotionnel.

Variation de styles : entre rockabilly nerveux, blues minimaliste et ballades instables (« rock’n’roll de cavernes » selon l’averse de sons), l’album explore une palette surprenante pour un enregistrement aussi dépouillé.

Ce qui pourrait diviser :

Production volontairement rudimentaire : l’approche brute ne plaira pas à tous ceux qui recherchent une production plus polie ou équilibrée.

Approche unisexe piste à piste : si chaque chanson partage le même format énergique, certains auditeurs pourraient la trouver répétitive — mais c’est précisément la signature de Bloodshot Bill.

Conclusion : This Is It! incarne une esthétique rockabilly brute, live et sans compromis — un vrai trip sensoriel pour les amateurs de rock primaire, de garage et de performances d’homme-orchestre enragées. Avec son enregistrement dépouillé, il agit comme une catharsis sonore : ce n’est pas pour le radio-friendly, mais absolument pour les passionnés de rock viscéral et souterrain.


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