John Lee Hooker - This Is Hip - compilation 1955 et 1964, faces Vee-Jay - Charly records 1980
Il s’agit d’une compilation de morceaux enregistrés pour le label Vee-Jay entre 1955 et 1964, regroupant des titres classiques comme Dimples, I’m in the Mood, Boom Boom, et le titre This Is Hip, jusqu'alors inédit
This Is Hip est une précieuse compilation de morceaux historiques de John Lee Hooker, ressortie dans un contexte de réédition soignée. Elle plaira particulièrement aux amateurs de blues vintage et aux collectionneurs.
Dimples (1956)
Un des plus grands classiques de Hooker. Rythme sec, riff hypnotique et chant murmuré. Ce morceau a eu une énorme influence en Angleterre (repris par The Animals, The Spencer Davis Group). C’est un Hooker “minimaliste” mais irrésistible.
I Love You Honey
Un blues plus lent et sensuel, où Hooker exprime son côté intimiste. La guitare accompagne par petites touches, laissant l’espace à sa voix rauque et magnétique.
Un autre de ses plus gros succès. Chanson hypnotique, lancinante, presque chuchotée. On retrouve la marque de Hooker : répéter et transformer légèrement les phrases pour créer une transe musicale.
Time Is Marching
Un morceau moins connu, mais qui illustre bien le côté obsédant de son jeu : rythme martelé, une atmosphère sombre, comme une prédication de blues.
Big Legs, Tight Skirt
Un titre léger et ironique, dans la veine “boogie suggestif”. Hooker y exprime son goût pour l’humour et la sensualité, toujours avec son phrasé parlé-chanté.
Onions
Un boogie typique, répétitif, basé sur une métaphore simple et directe. Pas son morceau le plus subtil, mais parfait pour montrer son sens du groove cru.
Take Me As I Am
Un blues lent, plus introspectif. Ici, Hooker est dans la tradition du blues confessionnel : demander l’acceptation malgré ses défauts.
Boom Boom (1962)
Peut-être son titre le plus célèbre. Une entrée fracassante dans le rhythm & blues “grand public”. Simple, accrocheur, irrésistible. Souvent repris (notamment par The Animals).
This Is Hip
Le morceau-titre, à l’époque rare, devenu emblématique. Hooker y revendique son style, son identité, avec un groove souple et une guitare syncopée.
Boogie Chillun (1948)
Son premier grand succès. Minimalisme total : une note répétée, un rythme de pied qui tape, une voix qui raconte. Ce morceau annonce à la fois le rock et le blues moderne.
Crawlin' King Snake
Un blues traditionnel revisité. Hooker le rend hypnotique, animal, sensuel. C’est l’un de ses titres les plus repris dans le blues-rock (notamment par les Doors).
Blues Before Sunrise
Un blues classique, lent et profond. Moins hypnotique, plus proche de la tradition du Delta. Hooker y montre son ancrage dans l’héritage ancien.
Will The Circle Be Unbroken
Surprenant dans ce contexte, c’est un gospel traditionnel. Hooker lui donne une gravité particulière, rappelant ses racines religieuses.
House Rent Boogie
Une pièce parlée/chantée, humoristique et réaliste : Hooker raconte la galère du loyer impayé. C’est du blues narratif, théâtral, presque proto-rap.
It Serves Me Right To Suffer (1966, version sur Verve Folkways)
Plus moderne dans la production. Un blues lent et lourd, marqué par une résignation amère. Beaucoup plus sombre que ses boogies classiques.
Un standard de blues énergique. Hooker en fait une version brute et festive, idéale pour clôturer la compilation sur une note de vitalité.
Cette compilation offre un panorama exceptionnel de John Lee Hooker, mêlant ses tubes (Boom Boom, Dimples, Boogie Chillun), ses blues hypnotiques plus obscurs (Onions, Time Is Marching) et même une incursion gospel (Will The Circle Be Unbroken).
Elle met en lumière la double identité de Hooker :
l’entertainer capable de faire danser avec un simple riff.


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