Nick Lowe – Jesus of Cool (1978)
L’album Jesus of Cool, sorti en 1978 (rebaptisé Pure Pop for Now People aux États-Unis), est le premier disque solo de Nick Lowe et reste l’un de ses travaux les plus emblématiques.
À la fin des années 1970, Nick Lowe sort de l’aventure Brinsley Schwarz et de son rôle central chez Stiff Records, où il a déjà produit des disques clés du punk et de la new wave. Avec Jesus of Cool, il livre une sorte de manifeste ironique et ludique sur la musique pop elle-même, jouant avec ses codes tout en montrant son incroyable sens de la mélodie.
L’album est souvent qualifié de power pop/post-pub rock, mais il touche à plusieurs genres : rock’n’roll rétro, disco pastiche, glam, new wave naissante.
Lowe s’y montre caméléon, passant d’un style à l’autre avec un humour parfois satirique.
Il y a une énergie brute héritée du pub rock, mais aussi une production inventive et soignée qui anticipe la new wave.
Titres marquants:
“So It Goes” : un classique instantané, hymne power pop avec riffs entraînants et ironie mordante.
“I Love the Sound of Breaking Glass” : single au groove plus sombre, influencé par la new wave et le disco.
“Marie Provost” : chanson noire déguisée en pop légère, racontant l’histoire tragique d’une actrice hollywoodienne déchue
“Little Hitler” et “Tonight” : montrent son goût pour les contrastes entre mélodie catchy et paroles grinçantes.
Aux États-Unis, certains titres diffèrent de la version britannique, pour des questions de marketing (notamment l’absence du mot “cool” jugé trop provocateur).
Lowe s’amuse des clichés de l’industrie musicale, en pastichant les styles et en mettant en avant la superficialité de la pop.
Il y a une double lecture : à la fois un disque pop réjouissant et une critique ironique de la musique pop elle-même.
L’humour, souvent noir, donne une profondeur qui évite l’exercice de style gratuit.
À sa sortie, l’album a été accueilli comme un coup de génie pop, séduisant à la fois les fans de rock classique et les amateurs de la nouvelle scène punk/new wave
Avec le temps, il est devenu un album culte, considéré comme l’une des pierres angulaires du power pop.
De nombreux critiques le placent aux côtés des grands premiers albums solos de l’époque, capable de rivaliser en inventivité avec les Clash ou Elvis Costello.
Jesus of Cool est à la fois une parodie et une célébration de la pop. C’est un disque qui montre Nick Lowe comme un maître de la mélodie, de l’ironie et de la versatilité stylistique. Plus de quarante ans après sa sortie, il conserve une fraîcheur incroyable et reste l’un des albums les plus intelligents et réjouissants de la fin des années 70.


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