Pretenders - Pretenders - First lp 1980
Le premier album des Pretenders, simplement intitulé Pretenders, est sorti en janvier 1980 (Royaume-Uni) et février 1980 (États-Unis). Il est souvent considéré comme un des meilleurs débuts discographiques de l’histoire du rock. Voici une critique détaillée :
Chrissie Hynde, Américaine installée à Londres, baigne dans l’effervescence punk/new wave de la fin des années 70.
Le groupe mélange la fougue du punk, la sophistication mélodique de la pop britannique et des influences rhythm & blues.L’album est produit par Chris Thomas, qui avait déjà travaillé avec Roxy Music et les Sex Pistols.
Énergie punk/new wave : guitares nerveuses, rythmes serrés, chant incisif.
Mélodie et sensualité : contrairement à beaucoup de groupes punk, Chrissie Hynde mêle agressivité et séduction.Écriture personnelle : Hynde développe un ton ironique, parfois acide, avec une sensibilité féminine rare dans le rock de l’époque.
À sa sortie (1980) : salué unanimement par la presse.
Rolling Stone le décrit comme un mélange explosif de « punk, pop et passion ».
Precious
Chrissie Hynde y clame son indépendance avec une insolence assumée.
La phrase “Not me, baby, I’m too precious” résume sa posture : elle ne se laisse pas posséder.
Effet : dès la première piste, Hynde impose une voix féminine forte dans un univers masculin.
The Phone Call
Un morceau court, nerveux, au rythme presque mécanique.
Paroles elliptiques, ambiance froide et tendue.
Il renforce l’ancrage du groupe dans la new wave expérimentale.
Up the Neck
Mélange de sensualité et d’agressivité.
Paroles ambiguës, parfois interprétées comme une évocation de désir et de danger.
Musique : riffs secs, chant hypnotique.
Montre l’habileté de Hynde à brouiller les frontières entre vulnérabilité et force.
Un des titres les plus rapides et sauvages de l’album.
Texte autobiographique, où Hynde évoque un épisode de violence sexuelle subie, transformé en morceau de résistance.
Hymne punk-rock, guitare flamboyante de James Honeyman-Scott.
Impact : sans concession, brutal mais cathartique.
Space Invader
Instrumental groovy inspiré par la mode du jeu vidéo Space Invaders (1978).
Montre que le groupe sait aussi s’amuser et expérimenter hors des codes.
Une respiration instrumentale avant de replonger dans les textes plus personnels.
The Wait
Retour à l’urgence punk : rapide, saccadé, presque hystérique.
Les paroles expriment impatience, frustration et tension sexuelle.
En concert, ce titre était souvent joué encore plus vite.
Stop Your Sobbing
Reprise d’une ballade des Kinks (1964).
Choix surprenant mais malin : cela introduit une touche pop rétro au cœur d’un disque rugueux.
Produit par Nick Lowe (avant le reste de l’album), ce single a permis au groupe d’obtenir son premier passage radio.
Douceur ironique dans la voix de Chrissie.
Kid
Première grande ballade originale de Hynde.
Mélange de tendresse et de tristesse, adressée à un enfant (ou métaphoriquement à un amant).
Superbe arrangement de guitare de Honeyman-Scott, subtil et mélodique.
Montre la facette vulnérable et touchante du groupe.
Private Life
Long morceau lancinant, aux accents reggae/dub.
Atmosphère sombre, paroles caustiques : Hynde y critique la superficialité et l’ennui d’une certaine société mondaine.
Plus tard repris par Grace Jones, qui en fera un de ses titres phares (1980).
Preuve de l’éclectisme du groupe dès son premier disque.
Brass in Pocket
Le grand tube de l’album.
Mélange de groove funky et de pop raffinée.
Hynde chante la séduction mais avec un ton ironique et assuré : “I’m special, so special”.
#1 au Royaume-Uni, #14 aux USA, chanson qui a installé le groupe mondialement.
Aujourd’hui encore l’un des hymnes de la new wave.
Lovers of Today
Ballade mélancolique, atmosphère plus lourde et introspective.
Chrissie y exprime une fragilité et une désillusion amoureuse.
Une respiration avant la conclusion.
Mystery Achievement
Clôture épique de l’album (près de 6 minutes).
Rythme entraînant, guitares hypnotiques.
Thème : la quête vaine d’un idéal, d’une réussite insaisissable.
En concert, ce morceau devient souvent un moment d’extase rock, laissant la guitare se déployer.
Finale magistrale qui boucle l’album sur une note à la fois euphorique et désabusée.
Avec le recul :
Régulièrement cité dans les “meilleurs premiers albums”.
Classé dans la liste des 500 Greatest Albums of All Time de Rolling Stone.
Considéré comme un disque charnière entre le punk et la new wave, ouvrant la voie à une écriture plus pop et sophistiquée sans perdre l’énergie brute.
L’alchimie entre la voix charismatique de Chrissie Hynde et la guitare inventive de James Honeyman-Scott.
L’équilibre parfait entre rage punk et raffinement mélodique.
Des chansons qui restent intemporelles, du brûlot ("Precious") à la pop universelle ("Brass in Pocket").


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