Marvin Gaye - The Soulful Moods of Marvin Gaye - 1961

 

Sorti en juin 1961 chez Tamla/Motown, c’est le tout premier album de Marvin Gaye.



Contrairement à ce qu’on attend d’un futur géant de la soul, ce disque n’est pas un album de rhythm and blues ou de gospel moderne : Marvin voulait être crooner de jazz à la manière de Nat King Cole, Frank Sinatra ou Billy Eckstine.

On y trouve essentiellement des standards de jazz et de pop interprétés avec un orchestre.

Beaucoup de ballades lentes et orchestrées.

Peu de rythme ou de groove soul : c’est une approche très "classique" du chant, loin des futures audaces de Marvin Gaye.

Sa voix est déjà belle, douce et posée, mais il n’a pas encore trouvé son identité artistique.

On découvre un Marvin élégant et raffiné, capable d’interpréter les grands standards.

La production est propre, et on sent son admiration pour les crooners.

Certaines chansons montrent déjà une émotion profonde dans son timbre.




1. (I’m Afraid) The Masquerade Is Over
Une ballade lente, standard de jazz.
Marvin chante avec beaucoup de retenue, presque trop sage.
On entend déjà la chaleur de sa voix, mais il manque de puissance émotionnelle.

2. My Funny Valentine
Reprise du classique de Rodgers & Hart.
Marvin adopte un ton feutré, mais la version reste assez académique.
Jolie tentative, mais elle souffre de la comparaison avec les grandes interprétations de l’époque.

3. Witchcraft
Plus enjouée, avec une orchestration swing.
Marvin s’amuse davantage, mais son style crooner n’a pas encore la souplesse d’un Sinatra.

4. Easy Living
Ballade douce et mélancolique.
Belle démonstration de son timbre velouté, mais encore une fois très classique.
On sent qu’il cherche à impressionner par la technique plus que par l’émotion brute.

5. How Deep Is the Ocean
Standard de Irving Berlin.
Interprétation sobre et un peu rigide.
Marvin reste dans une lecture respectueuse mais sans grande invention.

6. Love for Sale
Un des morceaux les plus dynamiques de l’album.
L’orchestration swing fonctionne bien, Marvin semble plus à l’aise sur ce terrain.
Une des réussites du disque.

7. Always
Encore un standard de Berlin.
Interprétation charmante, mais un peu trop polie.
Cela ressemble plus à un exercice qu’à une vraie appropriation.

8. How High the Moon
Chanson rapide et rythmée.
Marvin s’essaie au jazz plus énergique.
Sa voix n’a pas encore le "grain" qu’on lui connaîtra plus tard, mais il montre une vraie agilité.

9. Let Your Conscience Be Your Guide
Première chanson écrite par Marvin lui-même (avec Berry Gordy).
C’est ici qu’on sent une étincelle de personnalité.
Encore maladroit, mais c’est une amorce vers son futur style soul.

10. Never Let You Go (Sha-Lu-Bop)
Titre doo-wop qui tranche avec le reste de l’album.
Plus proche de ce qu’il chantait avec ses groupes avant Motown.
Donne un aperçu de la transition vers la soul des années 60.

11. You Don’t Know What Love Is
Ballade mélancolique.
Belle interprétation vocale, très sobre.
Marvin conclut l’album sur une note douce-amère, mais encore une fois dans une esthétique très jazz crooner.

The Soulful Moods of Marvin Gaye est surtout intéressant comme curiosité historique : il montre les débuts hésitants d’un artiste qui deviendra une légende.

Ce n’est pas un album majeur de sa carrière, mais il illustre son désir de s’inscrire dans la lignée des grands chanteurs de jazz avant de trouver sa propre voix dans la soul.

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