Wall of Voodoo – Dark Continent - 1981
Premier album complet de Wall of Voodoo, il sort en 1981 chez IRS Records. À cette époque, la scène new wave américaine est encore en pleine effervescence, dominée par des groupes britanniques (Joy Division, Ultravox, Devo côté US). Dark Continent se distingue par un son unique : sombre, cinématographique, avec un parfum de désert et de western urbain.
L’album est marqué par la voix parlée-chantée de Stan Ridgway, à mi-chemin entre le crooner fatigué, le narrateur de polar et le prédicateur ironique.
La guitare de Marc Moreland oscille entre riffs surf, accords western et textures abrasives.La rythmique de Joe Nanini, souvent inspirée de boîtes à rythmes ou de percussions sèches, donne un côté mécanique et hypnotique.
Les claviers (Chas Gray) accentuent l’aspect cinématique, parfois minimalistes, parfois inquiétants.
Red Light
Une ouverture tendue et menaçante, presque mécanique. La voix de Ridgway récite plus qu’elle ne chante, comme un narrateur de film noir.L’ambiance évoque une ville nocturne sous surveillance, saturée d’angoisse.
Me and My Dad
Ironique et décalée, presque humoristique, avec un côté "absurde".Ridgway joue son personnage de conteur : dialogues bizarres, atmosphère grinçante, mais toujours portée par une rythmique new wave sèche.
Back in Flesh
L’un des morceaux phares. Danse macabre, rythmique hypnotique, guitare tendue.Souvent considéré comme un des plus représentatifs du style Wall of Voodoo.
Tse Tse Fly
Plus expérimental, avec une ambiance étrange, insectoïde, répétitive.Illustration parfaite du goût du groupe pour le malaise sonore et le climat cinématographique.
Call Box (1-2-3)
Titre atmosphérique, presque minimaliste.Évoque une Amérique paranoïaque, les téléphones publics comme symboles d’isolement ou de détresse.
This Way Out
Énergie nerveuse, avec des riffs plus proches du punk.On y retrouve une ironie presque désespérée dans le chant, sur un rythme entraînant.
Good Times
Cynisme absolu : un titre qui parle de "bons moments" mais baigné d’une ambiance lourde et oppressante.Typique du contraste entre paroles et musique chez Wall of Voodoo.
Crack the Bell
Plus sombre, presque rituelle. Batterie martiale, atmosphère apocalyptique.Le chant de Ridgway devient ici quasi prophétique, renforçant le côté cinématographique.
Spy World
Un des morceaux les plus accrocheurs : rythme sec, ambiance d’espionnage et de paranoïa.Très représentatif de l’esthétique "film de série B" du groupe.
Animal Day
Clôture l’album avec énergie : plus rapide, plus "punk" que les autres.
La première moitié (Red Light, Me and My Dad, Back in Flesh) installe le décor : urbain, paranoïaque, ironique.
Le cœur de l’album (Tse Tse Fly, Call Box, This Way Out) accentue l’expérimentation et la tension.
La fin (Good Times, Crack the Bell, Spy World, Animal Day) devient plus nerveuse, plus directe, mais toujours ancrée dans ce mélange unique de new wave + western urbain + film noir.
Mélange ironique d’animalité et de société moderne, dans une frénésie contrôlée.
À sa sortie, l’album reçoit un accueil critique positif dans le milieu underground, mais reste confidentiel commercialement.
Il est aujourd’hui considéré comme un classique culte, représentant parfaitement la face sombre et ironique de la new wave américaine.

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