Webb Wilder and the Beatnecks - It Came from Nashville (1986)
Sorti en 1986, It Came from Nashville est l’un de ces premiers albums qui respirent la liberté et l’urgence de jouer sans concession. Webb Wilder, épaulé par son groupe The Beatnecks, livre ici un disque qui se situe à la croisée du rock sudiste, du country-rock, du surf et du R&B, le tout traversé d’un humour aussi décalé qu’irrévérencieux.
Dès les premières minutes, on comprend que l’album refuse les étiquettes. Les guitares, portées par Donny “The Twangler” Roberts, déploient un son twang irrésistible qui renvoie autant aux légendes de la surf-music qu’aux pionniers du rockabilly. Les reprises — comme « The Devil’s Right Hand » de Steve Earle ou « Move on Down the Line » de Jerry Lee Lewis — s’intègrent parfaitement aux compositions originales, au point de brouiller la frontière entre hommage et réinvention.
Ce qui fait la singularité du disque, c’est la présence scénique capturée sur bande : on sent le souffle d’un concert, l’énergie d’un bar enfumé où les riffs claquent comme des coups de fouet. Wilder chante avec une voix grave, teintée de second degré, qui donne à l’ensemble une dimension théâtrale — entre prêcheur illuminé et conteur de road-movie.
L’album s’illustre aussi par son ton irrévérencieux. En choisissant ce titre provocateur — It Came from Nashville — Wilder se place en marge du conservatisme musical de la capitale du country. Là où la scène locale prônait un son policé et formaté, il injecte une dose de rock garage et d’ironie, comme pour rappeler que la musique roots reste vivante quand elle ne se prend pas trop au sérieux.
Près de quarante ans après sa sortie, It Came from Nashville n’a rien perdu de son charme. Il sonne comme un manifeste pour une musique authentique, exubérante et sans frontières, et reste considéré par beaucoup comme un classique du Southern Rock alternatif.
Energie brute, humour décalé, guitare twang brillante, équilibre entre reprises et originaux.


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