Champion Jack Dupree - The Women Blues of (1961) lp
l’album a été enregistré lors d’une session en Suisse, sous la direction de Chuck Edward Smith. Champion Jack Dupree est accompagné d’un petit groupe électrique — Chris Lange à la guitare, Fritz Ruegg à la basse et Bobby Lentwiler à la batterie — offrant une sonorité plus structurée que certains de ses enregistrements solo.
1. Ain’t That A Shame
Un blues classique d’ouverture : Dupree installe d’emblée son groove de piano. Le texte exprime la désillusion et l’ironie face aux déceptions amoureuses. Le morceau n’a pas la flamboyance d’un boogie, mais joue sur la répétition hypnotique et la voix râpeuse.
2. Talk To Me Baby
Un des moments forts du disque. Dupree allie une voix implorante à un jeu de piano énergique. L’accompagnement électrique (guitare/basse/batterie) donne une assise solide. C’est une vraie chanson de séduction, pleine de feeling et de tension.
3. Tell Me When
Chanson plus douce, presque intimiste. Le rythme est détendu, et Dupree adopte un ton plus conversationnel. On ressent l’attente, l’incertitude amoureuse. Musicalement, moins marquant que d’autres titres, mais il sert de respiration dans l’album.
4. Old Woman Blues
Une pièce pleine d’humour et de malice, dans la grande tradition du blues qui parle de relations avec des femmes plus âgées. Dupree joue avec les clichés, en alternant ironie et tendresse. Le piano est entraînant, proche du boogie-woogie.
5. Hard Feelings Blues
Un autre sommet du disque. Le chant y est chargé d’émotion, presque parlé par moments. Le piano exprime une gravité qui contraste avec les morceaux plus légers. On retrouve l’authenticité du blues de La Nouvelle-Orléans, dépouillé et sincère.
6. Bus Station Blues
Une chanson de voyage et de solitude. On y sent l’errance du musicien, thème récurrent dans le blues. Le rythme lancinant évoque l’attente interminable, comme si on était assis dans une gare. Très visuel et narratif.
7. Rattlesnake Boogie
Moment de pur plaisir rythmique. Ici, Dupree revient à son côté "barrelhouse piano" : dynamique, rugueux, avec un groove irrésistible. Le morceau est souvent cité comme l’un des plus réussis de l’album, parfait pour illustrer son sens du boogie.
8. Black Wolf Blues
Un blues plus sombre et mystérieux. Les paroles évoquent la menace, la solitude et la force brute du "loup noir". Dupree y adopte une voix plus dramatique. Moins dansant, plus atmosphérique.
9. Jail House
Un blues carcéral, thème très présent dans la tradition afro-américaine. Le morceau balance entre humour et dureté. Dupree y raconte la vie derrière les barreaux avec son phrasé narratif typique. Le piano reste sobre, presque minimaliste.
10. Come Back Baby
Un grand classique du répertoire blues/gospel repris par de nombreux artistes. Dupree l’interprète avec intensité, sur un rythme lent et chargé d’émotion. C’est l’un des morceaux les plus "universels" de l’album, accessible même à ceux qui découvrent son style.
11. On My Way To Moe Asch
Hommage à Moses "Moe" Asch, fondateur du label Folkways. Ce titre, à mi-chemin entre remerciement et clin d’œil, clôt l’album sur une note personnelle et légère. Le piano y est joyeux, presque festif, comme une dédicace improvisée.
Ambiance électrique soignée : Contrairement à ses performances plus brutes ou solo, la formation du trio offre une texture plus posée et intime, tout en conservant l’énergie distinctive de Dupree.
Thématique cohérente : L’album explore avec nuance les dynamiques relationnelles — entre femmes bienveillantes et femmes complexes — tout en évoquant les "hard times" avec un groove véritablement brûlant


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