Slade - Slade alive! - lp 1972
Sorti en mars 1972, Slade Alive! est enregistré en direct en 1971 au Command Theatre Studio de Londres, devant un petit public invité. À l’époque, Slade n’est pas encore un poids lourd des charts : cet album va changer leur carrière et leur donner une réputation de bêtes de scène.
L’album n’a rien d’un live policé : c’est brut, rugueux, avec un son garage presque sauvage.
On entend la sueur, les cris du public, l’humour de Noddy Holder entre les morceaux, et surtout une énergie explosive qui capture ce que Slade faisait de mieux : rallier une salle entière en quelques riffs.La production volontairement peu retouchée donne un côté « sale », qui fait tout le charme du disque.
1. Hear Me Calling (5:45)
Reprise de Ten Years After, c’est une ouverture idéale. Slade prend un morceau blues-rock et le propulse dans un univers plus rugueux, plus nerveux. Le riff est massif, les breaks sont secs, et Noddy Holder impose déjà sa voix râpeuse, presque criée. On sent immédiatement que ce disque sera une claque brute, pas un enregistrement poli.
2. In Like a Shot From My Gun (3:33)
Un des morceaux originaux du set, très direct. Ici, Slade joue sa carte de rock de stade avant même d’avoir les stades : rythmique simple, refrain scandé, guitare acérée de Dave Hill. C’est court, percutant, et ça donne le ton de ce que deviendra leur style « hymne rock à reprendre en chœur ».
3. Darling Be Home Soon (5:43)
Reprise inattendue des Lovin’ Spoonful. Là, surprise : Slade ralentit le tempo, et Noddy Holder livre une interprétation pleine d’émotion, entre rugosité et tendresse. On découvre qu’ils savent aussi toucher la corde sensible. Le contraste avec l’énergie brute du reste de l’album rend ce moment encore plus marquant.
4. Know Who You Are (3:37)
Un morceau du répertoire d’Ambrose Slade (leur période pré-fame). C’est sans doute le titre le plus « secondaire » du disque, mais il a le mérite de montrer la continuité de leur identité. La basse de Jim Lea est très en avant, et l’énergie scénique transcende une compo qui, sur album studio, aurait paru un peu fade.
5. Keep On Rocking (6:29)
Jam typique des concerts de Slade : pas de subtilité, mais une ambiance explosive. On entend clairement que le groupe vit pour la scène. Holder chauffe le public, les riffs martèlent, et même si ça peut sembler un peu long en écoute domestique, ça capture la ferveur d’un vrai live de 1971.
6. Get Down and Get With It (5:33)
Le grand moment du disque. Adaptée de Bobby Marchan, cette reprise était leur premier vrai tube live, et ici elle est littéralement transcendée. C’est un condensé de Slade : rythme implacable, appel au public, ambiance de fête déchaînée. C’est LE morceau qui a révélé au grand public leur puissance scénique.
7. Born to Be Wild (8:19)
Reprise du classique de Steppenwolf. Slade ne cherche pas à réinventer la chanson, mais à la muscler : riffs plus sales, tempo plus lourd, et une voix de Holder qui rugit comme jamais. Le morceau est étiré, transformé en un grand final chaotique et jouissif, qui laisse l’auditeur épuisé mais heureux.
Slade Alive! est devenu un immense succès commercial au Royaume-Uni : il est resté plus d’un an dans les charts.
Pour de nombreux fans et critiques, c’est l’un des meilleurs albums live des années 70, souvent comparé à Live at Leeds des Who ou Made in Japan de Deep Purple.Il a fixé la réputation de Slade comme groupe de scène avant tout, capable de transcender des chansons relativement simples grâce à une énergie et une ferveur uniques.
Certains diront que le son est daté et que les improvisations manquent parfois de finesse.
Mais c’est précisément cette absence de sophistication qui fait de Slade Alive! un témoignage authentique : un groupe pas encore starisé, mais affamé, galvanisé, prêt à conquérir le monde.Plus qu’un simple live, c’est le manifeste rock’n’roll de Slade.


Commentaires
Enregistrer un commentaire